viernes, 31 de julio de 2009

COSAS QUE NO HAY QUE DECIR


Éramos cuatro mosqueteras
(en la actualidad el uso permite decir «la mosquetera»)
que un día nos pusimos a charlar.
Una de nosotras estaba a punto de jubilarse
y la agobiaba la idea de las tareas domésticas, sobre todo las compras.
Otra fue al frente, como siempre,
para explicarle que con los supermercados que envían a domicilio
basta hacer las compras una vez al mes, llenar el carrito

y con eso una ya puede quedarse más o menos tranquila.
Y las mosqueteras siguieron conversando en ese tono, hasta que una de ellas
se tapó la boca con la mano y exclamó:
«¡Hay que ver! Entre mujeres, ¿y de qué hablamos?
De las tareas domésticas».
Se produjo un largo silencio de vergüenza.

Ya que es verdad que las tareas domésticas la cocina la limpieza y los críos
todo eso te reblandece la voluntad y el cerebro,
impide que te tomen en serio,
te cierra para siempre el camino de la psicología la filosofía
la filología la etología la etnología la etimología la ermenéutica
(¿se escribe sin H?) y la puajsía.

El resto me importa un carajo pero la puajsía...

Doy prueba de gran magnanimidad al emplear esa palabra:
puajsía, inventada por un tal Albert Cohen
que vino a arruinar mis dieciséis años vibrantes y ferozmente ambiciosos
decretando que las mujeres y especialmente las mujeres con mi aspecto físico
eran incapaces de escribir.
Pero no importa, el señor Cohen está muerto y en esa época
yo cultivaba la mansedumbre de los inocentes.

Me gusta cocinar. Adoro cocinar.
Un huevo cascado dentro de una sartén y que toma forma ante los ojos
en el aceite hirviendo, la química de los platos
que al principio parecen residuos en una olla
y que se transmutan poco a poco en obras maestras
de la invención humana (prefiero las recetas tradicionales
a las elucubraciones progresistas de los grandes chefs).
Y lavar la ropa, el placer de estirar la mano sin pensarlo para
elegir una prenda
precisamente porque antes pensamos en ella, el placer
de acurrucarse bajo el acolchado...


El acolchado. Un tema sensible. Por definición,
cuando alguien habla como yo ahora, es una «mal cogida».
Del amor como tranquilizante. No está mal como idea.

El abuso de tranquilizantes implica un aumento constante de la dosis
para lograr el mismo efecto. Eso no se les ocurrió.
Cuánto esfuerzo para lograr que una mal cogida se calle la boca }
(además son todas feas y el Viagra cuesta carísimo).

Los hijos. Otro tema sensible. Hablar de los hijos
es prueba de falta de vigor intelectual, de inventiva,
de debilidad y de vulgaridad. Por acá, sin embargo, de hijos poco y nada
(de paso, quisiera hacerle llegar mi saludo a MD y su bebé),
¿dónde está entonces la vulgaridad? Aparte, el tema no le interesa
a nadie.
Es algo que sabe todo el mundo...como si nadie hubiera tenido nunca un hijo,
y además, las historias de niños sólo sirven para los editores
de literatura para niños... ¿No será más bien
que el tema forma parte de los así llamados orígenes o consecuencias de la vida
que los pequeños boy scouts siempre listos para el asunto
no estarían del todo listos para encarar?

Ahora los dejo en paz. Después de todo,
tengo otra cosa que hacer en la vida y ya dije lo que tenía para decir.
Lo dije mal, lógicamente,
tengo la cabeza puesta en la cocina, el lavado
y los que me esperan en casa -los hombres,
el que hace progresar la química del plástico
(a la manera de un gran chef) y que por lo demás
observa, calmo y realista, la química del mundo-,
el hombre en ciernes que en su rincón de la mesa
crea cien universos por día, la boca grave y la mirada sombría,
esperando que la sociedad lo tome en serio.


Su padre y yo ya lo hicimos.
El resto del mundo lo hará forzosamente,
porque serás un hombre, hijo mío.




Anne Talvaz (Bélgica, Bruselas, 1963)


(Traducción de Mirta Rosenberg
y Jaime Arrambide)
CHOSES À NE PAS DIRÉ

Nous étions quatre mousquetaires
(de nos jours l'usage permet "la mousquetaire")
qui nous mîmes un jour à parler.
L'une d entre nous était sur le point de prendre sa retraite
et se préoccupait de ses problèmes d'intendance, des courses en particulier.
Une autre fonça la gueule en avant comme d'habitude
pour lui expliquer qu'avec les supermarchés qui font des livraisons
il suffit d'aller faire ses courses une fois par mois, de bourrer son
caddie
et qu'après on est à peu près tranquille.
Et les mousquetaires devisaient ainsi, jusqu'à ce que l'une d'entre elles
se mît la main devant la bouche et s'exclamât:
"Voilà! On est entre femmes et de quoi parle-t-on?
d'intendance."
II y eut un grand silence honteux.

Tant il est vrai que l'intendance la cuisine le ménage et les marmots
cela vous ramollit la volonté et le cerveau,
cela vous empêche d'être prise au sérieux,
cela vous barre à jamais la route vers la psychologie la philosophie
la philologie l'éthologie l'ethnologie l'étymologie l'erméneutique
(ça s'écrit bien sans H?) et la pouahsie
Le reste je m'en fiche mais la pouahsie...

Je fais preuve d'une grande magnanimité en me servant de ce mot:
pouahsie, inventé par un certain Albert Cohen

qui vint troubler mes seize ans frémissants et férocement ambitieux
en décrétant que les femmes et notamment les femmes qui me
ressemblaient physiquement

étaient incapables d'écrire.
Mais ça ne fait rien, Monsieur Cohen est mort et à l'époque
je cultiváis la mansuétude des innocents.

J'aime bien cuisiner. J'aime cuisiner.
Un oeuf cassé dans une poêle et qui prend forme a l'oeíl nu
dans l'huile bouillante, la chímie des plats
qui au départ font figure de détritus en casserole
et qui se transmuent peu à peu en chefs-d'oeuvre
de l'invention humaine (je préfère les recettes traditionnelles
aux élucubrations progressistes des grands chefs).
Et la lessive, le plaisir de tendre la main sans y penser pour prendre un vêtement
précisément parce qu'on y a pensé, le plaisir
de s'enfoncer sous la couette...

La couette. Sujet sensible. Par définition,
quand on parle comme je le fais maintenant, on est une "mal baisée".
De l'amour comme tranquillisant. Ce n'est pas mal, comme idée.

L'abus des tranquillisants entraîne une augmentation constante de la dose
pour obtenir le même effet. Cela, ils n'y ont pas pensé.
Que d'efforts pour obtenir qu'une mal baisée se taise
(en plus elles sont toutes moches et le Viagra coûte très très cher).
Les enfants. Autre sujet sensible. Parler d'enfants
est une preuve de manque de vigueur intellectuelle, d'inventivité,
de faiblesse et de banalité. Pourtant, par ici, cela se fait peu
(permettez-moi au passage de saluer MD ec son bébé),

done où serait la banalité? Et puis ce sujet n'intéresse personne.
C'est connu...comme si personne n'avait jamais fait d'enfants,
et puis quoi, les histoires d'enfants, c'est bon pour les éditeurs
pour la jeunesse...Ne serait-ce pas plutôt

que ce sujet fait partie des aspects de la vie dits origines ou conséquences
que les petits scouts toujours prêts pour la chose
ne seraient pas prêts à aborder?

Je vous laisse tranquilles maintenant. Après tout,
j'ai autre chose dans ma vie et j'ai dit ce que j'avais à dire.
Je l'ai mal dit, c'est normal,
j'ai l'esprit absorbé par la cuisine, la lessive,
et par ceux qui m'attendent à la maison - des hommes,
celui qui fait progresser la chimie du plastique
(à la manière d'un chef coq) et en-dehors de cela
observe paisible et réaliste la chimie du monde-
l'homme en devenir qui sur le coin de la table
crée cent univers par jour, la bouche grave et l'oeil très noir,
en attendant que la société le prenne au sérieux.

Pour son père et moí c'est déjà fait.
Le reste du monde y viendra forcément,
car tu seras un homme, mon fils.






PIETÁ


¿Lo sostuvo contra su cuerpo

en la multitud que marchaba hacia la muerte maloliente?

¿Huyó de su chiquito en llanto
para reencontrarse con los vivos?

Sus manos, lo único que aún le pertenece,
y la luna que vierte sobre todo su ceniza inmaterial
le sirven de razón de ser

fuera de ella, y
la batahola de las cornejas
que se estrellan en el cielo...


Suenan las campanas.


El miedo que se suelda a la piel, la supuración
de las llagas,
mi corazón de cieno que todos pisotean.


Y allá, un hilo de humo.
Se disuelve en el cielo.

Suenan las campanas.


Anne Talvaz (Bélgica, Bruselas, 1963)

(Traducción de Mirta Rosenberg
y Jaime Arrambide)

PIETÁ

L'a-t-elle tenu contre elle
dans la foule qui marchait à la mort malodorante?

A-t-elle fui son bambin en pleurs
pour rejoindre les vivants?

Ses mains, la seule chose qui lui appartienne encore,
et la lune qui verse sur tout sa cendre immatérielle
lui tiennent lieu de raison d'être

hors d'elle, et
le tintamarre des corneilles
qui s'engouffrent dans le ciel-

Sonnent les cloches.

La peur qui verrouille dans la peau, le suint
des plaies,
mon coeur de boue qu'ils piétinent, tous.

Et là-bas, un filet de fumée.
Il se dissout dans le ciel.

Sonnent les cloches.


END OF THE WORLD, 3



La arena negra. El agua que corre

en arroyitos, los caracoles
un poco más grandes que los nuestros, más rugosos,
que a duras penas despegamos de su cieno.

El murmullo de los árboles, su espesor.
En todas partes el suelo tiene el mismo aspecto,
la misma riqueza, la misma frescura,
el mismo silencio, el mismo aburrimiento.

Nada que te dé la menor pista;
pero si la tierra se niega así al recuerdo humano,
¿por qué conduce aquí el camino?

China Beach, Vancouver Island, 1995


Anne Talvaz (Bélgica, Bruselas, 1963)

(Traducción de Mirta Rosenberg
y Jaime Arrambide)
END OF THE WORLD, 3

Le sable noir. L'eau qui s'y écoule
en rus, les coquillages
un peu plus grands que les nôtres, plus rugueux,
qu'on dégage à grand-peine de la vase.

Le murmure des arbres, leur épaisseur.
Partout, le sol a le même aspect,
la même richesse, la même fraîcheur,
le même silence, le même ennui.

Rien pour te donner le sens de la piste;
mais si la terre se refuse ainsi au souvenir humain,
pourquoi le chemin mène-t-il ici?


China Beach, Vancouver Island, 1995


jueves, 30 de julio de 2009

EN SERIO















Te digo en serio que la muerte no existe. De pronto lo descubres. Cuando el pedazo de carbón ya no es más madera quemada sino carbón a solas, lleno de sí mismo, con su propia vida; cuando la corteza del árbol o la hoja desprendida flota sobre el arroyo, y la piedra en el fondo junto a los caracoles crece mansamente; el agua llena de tantas cosas minúsculas, llena de luz, de música, de insectos destruidos, de zancudos cristianos caminando sobre su superficie; el agua que se bebe la sombra de los árboles; el ganado a su orilla, las quietas vacas en el viento, el viento quieto como una transparencia; toda la tarde, todo el concierto, la armonía, el deslumbranlc misterio que estaba allí a tu alcance, tan sencillo y tan simple. Y tú dentro de todo, con todo en ti mismo. —Te digo que sólo la vida existe.

(de: "Nuevo recuento de poemas",
Joaquín Mortiz, 1988)

Jaime Sabines



Jaime Sabines. Poeta y ensayista mexicano nacido en Tuxtla Gutiérrez en 1926. Se radicó en Ciudad de México desde 1949 cuando inició sus estudios de Filosofía y Letras. Aunque escribió sus primeros poemas antes de los dieciocho años, fue allí en la universidad donde publicó «Horal» a la edad de veintitrés años. Un recuento de sus poemas fue publicado por la UNAM en 1962. En 1965 tras su visita a Cuba para servir como jurado del Premio Casa de las Américas, sufrió un gran desencanto con las tendencias izquierdistas, sentimiento que dejó plasmado en su libro «Yuria» publicado en 1967. Su obra tiene un marcado acento informal que lo convierte en un poeta de todos los tiempos. Su prosa vehemente y su verso sentido y sensual, nos hacen viajar por un mundo de realidades vividas. En 1985, recibió el Premio Nacional de Ciencias y Artes. En 1986, con motivo de sus sesenta años, fue homenajeado por la UNAM y el INBA. Ese mismo año el Gobierno del Estado de Tabasco le entregó el Premio Juchimán de Plata. En 1991, el Consejo Consultivo le otorgó la Presea Ciudad de México y en 1994 el Senado de la República lo condecoró con la medalla Belisario Domínguez. Por su libro «Pieces of Shadow» («Fragmentos de sombra»), antología de su poesía traducida al inglés y editada en edición bilingüe, obtuvo el Premio Mazatlán de Literatura 1996. Tras una larga enfermedad falleció en Ciudad de México en 1999. Obra poética: Horal (1950); La Señal (1951); Adán y Eva (1952); Tarumba (1956); Diario Semanario y poemas en prosa (1961); Poemas Sueltos (1951-1961); Yuria (1967);Tlatelolco (1968); Maltiempo (1972); Algo sobre la muerte del Mayor Sabines (1973); Otros Poemas Sueltos (1973-1994).

La luna es la distancia...



HACE TRES días regresaron los hombres de la luna. Nadie habla de otra cosa. Fue un viaje magnífico y aterrador.

La televisión nos la enseñó de cerca: ¿arena, cenizas, roca?, el horizonte demasiado breve, parecía que el astronauta se fuese a caer por la borda.
¡Cuántas cosas averiguaremos de la luna! Su estuponda, desolada soledad infinita, su enrarecimiento, ¿su vacío?, su superficie igual que el espacio que la rodea: caminos empedrados hacia todas las estrellas.
Sabremos muchas cosas de la luna, composición química, distancias, logos y grafías. Y sin embargo... ¿le quitarán su miel?, ¿perderá su ternura?
Quiero pensar que no ha pasado nada. La luna no es eso. La luna es la distancia de aquí a la luna. Es la luz da la luna mansa e infinita. Es también su sombra, la certeza de que está allí esperando.
Mientras no nos la quiten, mientras no la hagan girar en órbita alrededor de otro planeta, la luna será nuestra como siempre hemos pensado: un hermoso sueño, una distante luz que nos penetra, un suave amor profundo y quieto en nuestro corazón. La luna será siempre el resplandor que sale de nosotros en la noche y en la soledad.

(de: "Nuevo recuento de poemas",
Joaquín Mortiz, 1988)

Jaime Sabines (México, Tuxla Gutiérrez, 1926- México, 1999)


miércoles, 29 de julio de 2009

CARTA FINAL A NOEMÍ ULLA

















Espérame una vez más.
La última.
Mientras andamos
vendrá otra noche asolada, tal vez,
por todo aquello que no supimos evitar.
Dueño aún de los terrores
con que usurpé tu vida
me he convertido humildemente en ellos,
y así me fortalezco
con mil debilidades y un oriente.

Pero no es eso
sino un pasaje
—que de algún modo abarcará sin duda mi existencia-
de doloroso tránsito y secreto sentido
lo que diré.

Nada te me recuerda.

Ningún aroma
de los que ardían en tus labios
me circunda.

Nadie me acerca
ni una fugaz versión
de los dulzores de tu piel.
Nuestras noches
se han perdido en la noche.

Toda la claridad que huía
de tus manos a tus ojos
ya no tendrá regreso.

Y el ademán equívoco
que en la pasión y en la angustia
nos deparó tormento
se remansó en sus viejos cauces.

Y sin embargo
blanca y mortal como una espada
tu ausencia me preside
¿cómo explicarlo?

Fuiste la dura legitimidad de mi fiebre.



Aldo Oliva


Aldo Oliva es uno de los grandes secretos de la poesía argentina. Nació en Rosario en 1927 y murió en la misma ciudad en 2000. Maestro de maestros (Juan José Saer reconoció reiteradas veces su influencia), Oliva publicó su primer libro a los 59 años: "Cesar en Dyrrachium". Luego siguieron "De fascinatione" (1997) y "Ese General Belgrano" (2000) y "Sutura" (2000), luego reunidos junto a inéditos por la Editorial Municipal de Rosario (2003). En todos, la combinación indisoluble de lo alto con lo bajo, de los clásicos con los tangos cantados por Edmundo Rivero, generan una poesía insólita y singular que comienza de a poco a iluminar la producción de los nuevos poetas argentinos. (Sergio Raimondi).


FÁBULA BARRIAL: PRIMAVERA


Un hombre joven (EL PIANTAO

lo llamaban en el barrio),
matarife en un pulcro frigorífico del sur,
cayo en el hábito de soñar, en
los atardeceres de los perturbados equinoccios,
que tenía relaciones carnales con equívocas
flores que hubieran desertado de
consabidos bellos jardines (a quienes
él consideraba impúdicos
antros de clausura).

Los pétalos acariciantes lo amaron,
entonces; era un roce fluido como la brisa
que aleatoriamente se desliza en esta zona.
La violencia de la penetración sexual
fue abolida; sólo la perduración de
una tibieza epidérmica lo elevaba
de su fervor encelado, de su
cruenta tarea, de su abusivo fumar.

Las constelaciones fueron ignoradas.
La Cruz del Sur fue mera resonancia
de palabras; el viraje ritual, en el
sortilegio que octubre emana
de esplendor floral y su lenta extinción
lo instalaron en el círculo de la magia
obsesiva de lo Único.

Cuando fue acusado por el Sindicato
de los Republicanos Anestesiados
y por la Asociación
Progresista de Argentina Machista
(APAM), fue condenado a ser
recluido entre las rejas de un poema:
ominoso ostracismo del que no se vuelve.

Pero, en prisión, forjó el sentido
de su muerte; la procreación
de la danza de las imágenes en
la emersión fulgente de la niñez,
en la explosión florida, y de sus contemporáneos,
los agitados, pálidos seres;
en la altiva petalización de los actos;
en la insurgencia del óvulo del limo,
levemente violenta, de la historia,
donde somos todos en lo Único.



Aldo Oliva (Argentina, Rosario, 1927-2000)

martes, 28 de julio de 2009

ROJO SOBRE EL AGUA



Están esos ladrillos, atrás,

en el atardecer con luz
de agosto, que apilados por un hombre
y una mujer, o por un hombre
y una mujer y sus hijos,
no provocan lo que el alma quisiera.
Y están esos otros
puestos a secar, en hileras,
encima de un tablón.
Si hubiera agua de lluvia en el lugar
de donde fueron excavados,
no muy lejos, en la tarde,
habría sobre el agua
polvo de ladrillo.


(Diario de Poesía N°4,
Otoño de 1987)
Daniel García Helder (Argentina, Rosario, 1961)




lunes, 27 de julio de 2009

EL POLEN DE LA ETERNIDAD


a Osvaldo Avena

En Porto Alegre, a orillas
de la dársena empedrada, una
negrita camina entre dos negritos.


Buscan ágilmente un lugar
para hacer el amor, y sólo encuentran
el horizonte y las piedras.


"Qué duro es el amor", dice
la negrita, "qué cercano
el horizonte" y todos nos ponemos a llorar


a gritar de rabia contra el cielo
que va muriendo en otros espacios,
tropezando con ciertos planetas menores y circunstanciales.



Francisco Urondo (Argentina, Santa Fe, 1930 - Mendoza, 1976)





domingo, 26 de julio de 2009

LOS ÚLTIMOS TRES DÍAS DE FERNANDO PESSOA*











28 de noviembre de 1935

2
¿Qué hora es?, preguntó Pessoa.
Es casi medianoche, respondió Álvaro de Campos, la mejor hora para encontrarse contigo, es la hora de los fantasmas.
¿Por qué has venido?, preguntó Pessoa.
Porque si vas a marcharte hay algunas cosas de las que tenemos que hablar, respondió Álvaro de Campos, yo no sobreviviré a tu muerte, partiré contigo, antes de sumergirnos en la oscuridad tenemos que hablar de algunas cosas.
Pessoa se incorporó sobre las almohadas, bebió un trago de agua y preguntó: ¿qué estás tramando?
Querido mío, respondió Alvaro de Campos, noto con placer que no me llamas ingeniero ni me tratas de usted, que te diriges a mí con familiaridad.
Claro, respondió Pessoa, tú has entrado en mi vida, te has sustituido a mí, eres tú quien hizo que acabara mi relación con Ophélia.
Lo hice por tu bien, replicó Álvaro de Campos, aquella muchachita emancipada no le convenía a un hombre de tu edad, ese matrimonio hubiera sido un error. Y además, mira, todas aquellas cartas de amor que le escribiste eran ridículas, creo que todas las cartas de amor son ridiculas, en fin, te defendí del ridículo, espero que me estés agradecido.
Yo la amaba, susurró Pessoa.
Con un amor ridículo, replicó Alvaro de Campos. Sí, claro, es posible, respondió Pessoa, pero ¿y tú?
¿Yo?, dijo Campos. Yo, bueno, a mí me queda la ironía, he escrito un soneto que nunca te he mostrado, habla de un amor que te incomodará, porque está dedicado a un jovencito, un jovencito al que amé y que me amó en Inglaterra, resumiendo, a partir de este soneto nacerá la leyenda de tus amores reprimidos, y algunos críticos se frotarán las manos.
¿Has amado de verdad a alguien?, susurró Pessoa.
He amado verdaderamente a alguien, respondió en voz baja Campos.
Entonces yo te absuelvo, dijo Pessoa, te absuelvo, creía que en tu vida tú sólo habías amado la teoría.
No, dijo Campos acercándose a la cama, también he amado la vida, y si en mis odas futuristas y furibundas nada me he tomado en serio, si en mis poesías nihilistas todo lo he destruido, hasta a mí mismo, has de saber que en mi vida yo también he amado, con consciente dolor.
Pessoa levantó una mano e hizo una señal esotérica. Dijo: te absuelvo, Álvaro, ve con los dioses sempiternos, si tú has tenido amores, si tú has tenido un solo amor, estás absuelto, porque eres un ser humano, es tu humanidad la que te absuelve.
¿Puedo fumar?, preguntó Campos.
Pessoa hizo un gesto afirmativo con la cabeza. Campos sacó del bolsillo una pitillera de plata y tomó un cigarrillo, lo colocó en una larga boquilla de marfil y lo encendió. Sabes, Fernando, dijo, siento nostalgia de cuando era un poeta decadente, de la época en que hice aquel viaje en transatlántico por los mares de Oriente, ah, entonces habría sido capaz de escribir versos a la luna, y, te lo aseguro, por la noche, en la cubierta, cuando había bailes a bordo, la luna era tan plenamente escenográfica, tan plenamente mía. Pero en aquel tiempo yo era un estúpido, ironizaba sobre la vida, no sabía gozar de la vida que me había sido concedida, y así perdí la oportunidad, y mi vida se ha disipado.
¿Y después?, preguntó Pessoa.
Después empecé a querer descifrar la realidad, como si la realidad fuera descifrable, y llegó la desazón. Y con la desazón, el nihilismo, después ya no he creído en nada, ni siquiera en mí mismo. Y hoy estoy aquí, en la cabecera de tu cama, como un trapo inútil, he hecho las maletas para ir a ninguna parte, y mi corazón es un recipiente vacío. Campos fue hacia la mesa y aplastó la colilla en un platito de porcelana. Bien, querido Fernando, dijo, necesitaba decirte estas cosas ahora que quizás estemos a punto de separarnos, tengo que irme, vendrán también los otros a verte, lo sé, y a ti ya no te queda demasiado tiempo, adiós.
Campos se puso la capa sobre los hombros, se ajustó el monóculo en el ojo derecho, hizo un rápido gesto de despedida con la mano, abrió la puerta, se paró un instante y repitió: adiós, Fernando. Y después susurró: tal vez no todas las cartas de amor sean ridiculas. Y cerró la puerta.



3

¿Qué hora era? Pessoa no lo sabía. ¿Era de noche? ¿Había llegado ya el día? Vino la enfermera y le puso otra inyección. Pessoa ya no notaba el dolor en el costado derecho. Ahora se encontraba en una paz extraña, como si una niebla hubiera descendido sobre él.
Los otros, pensó, ahora vendrían los otros. Naturalmente, quería saludarlos a todos antes de marcharse. Pero un encuentro lo tenía preocupado, el encuentro con el Maestro Caeiro. Porque Caeiro venía desde el Ribatejo y tenía una salud delicada. ¿Cómo vendría a Lisboa, tal vez en calesa? Es verdad que Caeiro ya estaba muerto, pero todavía estaba vivo, permanecería eternamente vivo en aquella casa encalada del Ribatejo desde donde contemplaba con ojo implacable el transcurrir de las estaciones, la lluvia invernal y la canícula del verano.
Oyó que llamaban a la puerta y dijo; adelante. Alberto Caeiro llevaba una chaqueta de pana con el cuello de piel. Era un hombre del campo y se veía en sus ropas.
Ave, Maestro, dijo Pessoa, morituri te salutant. Caeiro se acercó al pie de la cama y se cruzó de brazos. Mi querido Pessoa, dijo, he venido para decirle una cosa, ¿me permite que le haga una confesión?
Se lo permito, replicó Pessoa.
Pues bien, dijo Caeiro, cuando a usted, durante las noches, lo despertaba un Maestro desconocido que le dictaba sus versos, que le hablaba del alma, pues bien, ha de saber que ese maestro era yo, era yo quien se ponía en contacto con usted desde el Más Allá.
Lo suponía, mi amado Maestro, dijo Pessoa, suponía que se trataba de usted.
Sin embargo, tengo que pedirle disculpas por haberle provocado tantos insomnios, dijo Caeiro, noches y noches en que usted no ha dormido y ha permanecido escribiendo como si estuviera en trance, yo siento remordimientos por haberle causado tantas molestias, por haber ocupado su alma.
Usted ha contribuido a mi obra, respondió Pessoa, usted ha guiado mi mano, me ha provocado insomnios, es verdad, pero para mí han sido noches fecundas, porque ha sido durante la noche cuando ha nacido mi obra literaria, la mía es una obra nocturna.
Caeiro se quitó la chaqueta y la colgó del respaldo de la cama. Pero no es ésta la única cosa que quería decirle, susurró, hay un secreto que quisiera confesarle antes de que las distancias interestelares nos separen, pero no sé cómo decírselo.
Pues dígamelo con toda normalidad, dijo Pessoa, como me diría cualquier otra cosa.
Verá, respondió Caeiro, yo soy su padre. Hizo una pausa, se alisó sus escasos cabellos rubios y continuó: yo he desempeñado el papel de su padre, de su verdadero padre, Joaquim de Seabra Pessoa, que murió de tisis cuando usted era un niño. Pues bien, yo he ocupado su
lugar.
Pessoa sonrió. Lo sabía, dijo, siempre lo he considerado mi padre, incluso en mis sueños ha sido usted siempre mi padre, no tiene nada que reprocharse, Maestro, créame, para mí usted ha sido un padre, aquel que me ha dado la vida interior.
Y sin embargo, yo siempre he llevado una existencia sencilla, replicó Caeiro, he vivido brevemente en una casa de campo en compañía de una tía abuela, he hablado sólo del tiempo que pasa, de las estaciones, de los rebaños.
Sí, confirmó Pessoa, pero para mí usted ha sido un ojo y una voz, un ojo que describe, una voz que enseña a los discípulos, como Milarepa o Sócrates.
Yo soy un hombre casi sin instrucción, dijo Caeiro, he tenido una vida muy sencilla, se lo repito, en cambio usted ha tenido una vida intensa, ha asumido las vanguardias europeas, ha inventado el Sensacionismo y el Interseccionismo, ha sido asiduo de los cafés literarios de la capital, mientras yo pasaba mis veladas haciendo solitarios con las cartas a la luz de una lámpara de petróleo, ¿cómo es posible que me haya convertido en su padre y su Maestro?
La vida es indescifrable, respondió Pessoa, nunca hay que preguntar, nunca hay que creer, todo está oculto.
Sí, continuó Caeiro, pero insisto, ¿cómo es posible que me haya convertido en su padre y su Maestro?
Pessoa se incorporó sobre las almohadas.
Respiraba con dificultad y la habitación ondulaba ante sus ojos. Verá, querido Caeiro, respondió, el hecho es que yo necesitaba un guía y un coagulante, no sé si me explico, de otro modo mi vida se hubiera hecho mil pedazos, gracias a usted he encontrado una cohesión, en realidad soy yo quien le eligió a usted como padre y Maestro.
Entonces le voy a dar un regalo que le he traído, dijo Caeiro, son unos pocos versos escritos en prosa, que jamás publicaré, ahora que usted me abandona se los diré de viva voz, son el testimonio de mi afecto por usted. Caeiro sacó una hoja del bolsillo, acercó el papel a sus ojos, porque era miope, y leyó: En estos largos años siempre he contemplado la luna, pero con la mirada nítida he seguido a mi hijo y discípulo, para que mi mirada pudiera ser su mirada, para que la colina que traza mi horizonte pudiera ser su horizonte modesto y magnífico.
Es un poema bellísimo, dijo Pessoa, se lo agradezco, Maestro Caeiro, me lo llevaré conmigo al Más Allá.
Usted ha escrito tantas poesías por mí, continuó Alberto Caeiro, yo también quería despedirlo con el homenaje de una persona que siempre lo ha admirado.
Pessoa cerró los ojos por un instante. Cuando volvió a abrirlos la habitación estaba desierta. Tocó el timbre para llamar a la enfermera. ¿Qué día es hoy?, preguntó.
Es la noche del veintiocho de noviembre de mil novecientos treinta y cinco, respondió la enfermera. ¿Necesita alguna cosa?
No, gracias, respondió Pessoa, sólo necesito descansar.



Antonio Tabucchi


(Traducción de Javier González Rovira
y Carlos Gumpert Melgosa)


Antonio Tabucchi. Escritor italiano (Pisa, 1943). Actualmente reside en Portugal. Vivió sus primeros años en Vecchiano, el pueblo de sus abuelos; cursó allí la escuela primaria y la secundaria. Los vecchianeses lo reclaman para sí con orgullo. Pese a una obra dilatada, Tabucchi no se repite: Sostiene Pereira, es una novela sobre la lealtad y el valor civil, henchida de melodía y de variaciones musicales. En ésta, como en otros libros, un Portugal reinventado es fondo y escenario. En la Dama de Porto Pym, hay relatos sacados de aquí y allá durante un viaje por las Azores; Al señor Pirandello lo llaman por teléfono es una pieza teatral en un acto; y en Sueño de sueños, crea literariamente unas vidas en los sueños tomando como base las vidas imaginarias de Marcel Schwob. Otros de sus libros: Piazza d'Italia, La pequeña flota, El juego del revés, Nocturno hindú, Los volátiles del Beato Angélico, La línea del horizonte, El ángel negro, La cabeza perdida de Damasceno Monteiro.


*Fábula que gira en torno a los momentos finales de poeta portugués e imagina las visitas de los heterónimos para despedir a su creador, en su lecho de muerte. Se incluyen sólo las despedidas de Álvaro de Campos y Alberto Caeiro. Tabucchi es un especialista en la obra de Pessoa. Con su imaginario, escribió también una novela: Réquiem, que es un recorrido por una Lisboa donde el narrador busca un personaje probablemente real llamado Fernando Pessoa (que fuera llevada al cine); y un ensayo: "Un baúl lleno de gente".

MODIGLIANI FUE UN SABIO






















Entonces por qué las mujeres se cubren el cuello con el pelo, pregunto.

Juan Carlos camina un buen trecho sin contestar. Levanta la vista de la arena, la hunde en el mar, durante algunos pasos la lleva errante por entre los bañistas, la baja. A la sombra del ancho sombrero de paja su expresión quiere decirme: estoy buscando una respuesta urgente. La mano que lleva el cigarrillo me pide: un momento, un momento. Estupidez, sugiero más adelante. No caigamos en simplificaciones machistas, me dice. Andamos otro poco. Por un instante creo que todo se va a derrumbar, que la muerte ya pegó el zarpazo definitivo en su pensamiento. Me resisto a mirarlo. Aminora el paso, mantiene la mirada demasiado tiempo en el mar. Atavismo -responde por fin, tras clausurar su cavilación dando una chupada al cigarrillo.
Lo explica con la desenvoltura con que suele explicar sus tesis más excéntricas. Juan Carlos es insuperable con las tesis excéntricas. Algunas que recuerdo quedarían formuladas así: relaciones causales entre el capitalismo y el sentimiento trágico de la muerte, la moda femenina en cuanto agresión de la homosexualidad de los grandes modistos, la violación sistemática de las indias por los conquistadores como origen profundo de las dictaduras latinoamericanas, la estética universal reducida a una lucha entre rectas y curvas, la action painting de Jackson Pollock como paradigma del complejo de superioridad del arte imperialista, el onanismo del gaucho y su influencia en la cultura nacional. Para sostener sus tesis absurdas nunca le faltan argumentos. Los desarrolla con una seriedad y una convicción dignas de un filósofo griego frente a sus discípulos. Esa forma de su extraordinario humor (que sus amigos conocemos al punto de prestarnos a complicidades cretinas ante los desprevenidos) nos permite por ahora eludir lo ineludible.
—Atavismo —repite dando otra pitada al cigarrillo. Y añade: las primeras hembras humanas habrían imitado a las otras hembras del reino animal, para las cuales el pelo sí es un medio de seducción determinado por la naturaleza (pelo o pluma, se entiende) , y esa imitación se habría ido transmitiendo entre las humanas hasta hoy.
Demoro la réplica hasta después de cruzarnos con una mulata escultural que viene sujetando un perrito con una cadena. La mulata luce un bikini de color claro, en maravilloso contraste con sus formas perfectas y bronceadas. El perrito, un terrier prolijamente trabajado por su peluquero, tironea con la lengua afuera. Sin detenernos nos damos vuelta y la acompañamos con nuestras miradas. Tras nosotros vienen unos caballeros veteranos conversando tan animadamente que ninguno parece atraído por ella.
—La estupidez seguiría siendo la causa esencial —digo —Esa imitación se llama estupidez.
—En nuestra teoría no podemos ni hablar de estupidez.
-¿Por?
—Por las feministas. Nos joderían el éxito.
Ya conversamos sobre la importancia de la aceptación pública de nuestra teoría. Dejar a nuestros hijos un mundo con minas más seductoras, dije entonces, y enseguida me arrepentí de haber aludido a la muerte.
La idea de su muerte nos dañaría menos en otro sitio. Un mes y medio atrás incluso habíamos hablado francamente al respecto.
Se preparaba la gran muestra retrospectiva de Juan Carlos en el museo oficial. La víspera de la
inauguración, lo invité a tomar un café en un bar frente al museo. La charla nos llevó rápidamente al tema.
—Va a parecer una ceremonia fúnebre —dijo a propósito de la exposición, con una sonrisa forzada.
Apuré mi café, intenté contenerlo con la mayor naturalidad posible.
—No seas pelotudo, Juan Carlos, cualquier artista quisiera un homenaje como ése.
Se encogió ligeramente en la silla. Ahora la sonrisa se había desdibujado hasta una pura tristeza.
—La gran retrospectiva... —agregó, con la mirada en la mesa y a media voz. —Para que el artista se muera más tranquilo.
Decidí tomar el toro por las astas. Se lo dije mirándolo fijo y así me quedé, en un desafío idiota:
—Esta bien. Sabemos que lo tuyo se puso grave. Pero entregarte no es la salida.
Le conté que yo había hablado con uno de sus médicos. Que éste había sido sincero: una próxima hemorragia interna resultaría incontenible. Pero que el médico estaba seguro de solucionar el problema con cirugía. Claro que todo dependía también del propio Juan Carlos, de que después se cuidara adecuadamente, y siempre. Obviamente, callé lo dicho por el médico sobre el
altísimo riesgo de la operación. Juan Carlos me pidió que no le mintiera, que él sentía que no había escapatoria. Protesté. Me interrumpió para decirme que sólo temía sufrir como había sufrido durante su última internación en terapia intensiva. La angustia allí es espantosa, murmuró, desencajado. Y cortó la conversación. Se justificó ya de pie, debía marcharse, tenía poco tiempo. No volvimos a hablar sobre su enfermedad.
La exposición resultó un éxito rotundo. Tres semanas después Juan Carlos me llamó por teléfono y me preguntó si también ese verano pensaba yo pasar unos días en Torres con Dolly. Quería combinar las fechas para sumarse con Lita, su mujer. Los médicos se lo habían autorizado, las últimas drogas funcionaban muy bien y la operación se realizaría en febrero. Nos reuniríamos en Torres, pero seguramente no compartiríamos alojamiento, pues él ya había hecho las reservas para un tour con hotel incluido y sólo tenía que elegir la fecha.
Como tantas veces, se daría cuenta de su error demasiado tarde. No hay oportunidad menos adecuada para hablar de la muerte que unas vacaciones junto al mar.
Juan Carlos y Lita llegaron a Torres un mediodía, emplearon la tarde entera en acomodarse en su hotel y descansar, nos juntamos para la cena y no demoramos en irnos a dormir. Mientras Juan Carlos consultaba con el camarero interrogué a Lita con el correspondiente disimulo. Él se alimentaba bien , no tocaba el alcohol, tomaba rigurosamente los remedios, pero a ella el viaje le parecía una locura, demasiado riesgo.
Por la mañana temprano Juan Carlos pasó a buscarme (su hotel estaba sólo a tres cuadras de nuestro departamento) para echar una caminata por la playa grande. Como despreocupados turistas conversamos de bueyes perdidos, él se mostró impresionado por Torres, analizamos la estética de algunas bañistas. A media mañana nos encontramos con Lita y Dolly en el sitio convenido, alquilamos e instálanos la sombrilla y etcétera. Permanecimos en la playa hasta la hora del almuerzo. Regresamos como a las cinco, con nuestras mujeres, y en seguida los dos nos pusimos otra vez a andar por la arena. Fue cuando nació la tesis.
—La verdadera belleza femenina está en el cuello —dijo Juan Carlos, mirando a una rubia que con el pelo recogido salía del agua.
—Una tesis interesante —dije. —Habría que fundamentarla.
—Y bueno, a trabajar. ¿Por dónde empezamos?
—Por el culo. ¿Por qué a los hombres nos gusta tanto mirarles el culo a las mujeres, si lo más hermoso es el cuello?
Juan Carlos se detuvo. Serio, sacó los Particulares negros y el encendedor, encendió un cigarrillo (yo ya había notado que fumaba el doble, incluso mientras caminaba), se acomodó el sombrero y reanudó la marcha sin mudar el gesto.
—Por el complejo de Edipo —sentenció por fin. Y se quedó esperando que yo le pidiera aclaraciones.
Y luego añadió:
—El culo es lo que más sobresale de la zona de la procreación, lo que más se ofrece a la vista. Una
cuestión edípico orográfica, digamos.
Nuestra teoría quedó bautizada con este nombre: Preeminencia estética del cuello sobre los demás recursos con que cuenta la mujer para seducir. Continuó creciendo día tras día durante nuestras caminatas por la playa. Sólo entonces, quizás porque durante aquellas caminatas se nos volvía más difícil pensar en la muerte. El sol, el mar, los cuerpos dorados , las mujeres hermosas, los juegos en la arena, los gritos y las risas, la brisa, los vendedores ambulantes; todo hacía intolerable el peso de la muerte. Pensé que podríamos evitar la situación, quedarnos junto a la sombrilla con Lita y Dolly, quienes por comadrear a gusto se negaban a acompañarnos en las caminatas. Con ellas estaríamos a buen resguardo, la muerte era un asunto que debíamos tratar Juan Carlos y yo a solas. Pero en seguida sentí que sería como un retroceso indigno. Supongo que él sentía lo mismo. Y porque nos aferramos tanto a nuestra teoría, la enriquecimos tanto.
Procurábamos avanzar con cierta organización. Nos poníamos de acuerdo en cuanto al punto de vista y a éste nos limitábamos. Juan Carlos estuvo brillante en sus intervenciones desde el punto de vista estrictamente plástico; resultó magistral su exposición sobre la "tensa vitalidad" del cuello y la "quieta rotundidad" (dijo tensa vitalidad y quieta rotundidad) de las regiones anatómicas vulgarmente consideradas más seductoras. Mi aporte más fuerte, creo, fue hecho desde la perspectiva antropológica. Impresioné y entusiasmé a Juan Carlos habiéndole de las mujeres Padaung. Los Padaung son una tribu birmana cuya tradición manda estirar el cuello de sus mujeres nacidas ciertos días de luna llena, en homenaje a una diosa-dragona. En la actualidad, para satisfacer la demanda turística, la costumbre se aplica a todas las niñas. Van agregando argollas metálicas al cuello durante el crecimiento; así forman collares que con los años pesan hasta cinco o seis kilos. Una "mujer jirafa" Padaung puede tener unos treinta centímetros entre los lóbulos de las orejas y las clavículas. La práctica sólo produciría una incomodidad inicial, pero si ya adultas se quitan las argollas aparece el enorme riesgo de morir ahogadas, porque los músculos se debilitaron tanto que el cuello ya no sostiene a la cabeza. Juan Carlos primero puso en duda la belleza de los cuellos así alargados; después olvidó esta duda y fantaseó con ellos. Dijo haber escuchado algo sobre una tribu africana que conserva la misma costumbre, pero allí los príncipes tendrían derecho a exigir que sus esposas se quiten el collar durante la cópula, como mortal prueba de amor.
—Tánatos siempre con Eros —dijo.
Seguro que mentía.
El punto de vista en el que más avanzábamos era el anátomo-fisiológico: la especial sensibilidad del cuello determinada por la cadena ganglionar, y determinante, sin duda en alto grado, de su belleza; sus muchas terminaciones nerviosas que lo hacen una belleza vibrante; la fuerza erótica que aporta el nacimiento de la cabellera (la nuca es un pubis superior, dijo Juan Carlos); la situación del cuello, entre el cuerpo y el cráneo, espacio de fusión de lo animal con el pensamiento, y por eso mismo, la mayor atracción que ejerce como objeto del deseo; etc.* Pero con ese aspecto de nuestra teoría manteníamos una deuda pendiente: no hallábamos una razón que desde dicho punto de vista nos explicara por qué el cuello femenino es incalculablemente más bello que el masculino. Juan Carlos aventuró que la hermosura del cuello es pareja en hombres y mujeres y que los hombres sólo podemos percibirla en los cuellos femeninos. Yo dije que la razón quizás se halla fuera de dicha perspectiva, una razón histórica, o puramente plástica, por ejemplo, que potenciaría enormemente los factores anátomo-fisiológicos en las mujeres. Juan Carlos se corrígió de inmediato en base a la nuez de Adán, prominencia que calificó como "ónticamente fea"; sostuvo que, por tratarse de una exclusividad de los hombres, algo la nuez de Adán está indicando a la consideración general. Dedicamos largas conversaciones al punto de vista artístico, a lo que podemos llamar el cuello femenino en el arte. Modigliani, claro, presidía esos diálogos. Desde Modígliani nos íbamos por cuellos femeninos a Botticelli, a Velázquez, a Ingres, a Picasso, pero invariablemente regresábamos a Modigliani. Modigliani fue un sabio, dijo Juan Carlos una mañana. También nombraba él a un artista japonés, un tal Toyokuni (anoté el nombre, llevaba yo anotaciones pues debía escribir después nuestra teoría), que habría vivido en el siglo 19, dedicado a pintar geishas y con particular esmero sus cuellos.
Con frecuencia interrumpíamos la evolución teórica para una práctica contemplativa. Dimos este nombre al acto de observar analíticamente a las mujeres aptas para confirmar nuestra teoría, aquéllas con un atractivo general por lo menos satisfactorio y el cuello descubierto.
Con una práctica contemplativa comienza la parte final de esta historia.
La Venus en Llamas caminaba lenta y con los brazos cruzados, por la espuma de las olas. Uno no se cruza impunemente con una mujer así. Resplandeciente; éste es el adjetivo justo para su imagen, su extraordinaria estatura distribuida en armonías pasmosas, rematada con una corta y erizada cabellera de color naranja furioso. Un largo pareo multicolor y abundantes pulseras, anillos y collares apoyaban la audacia del pelo teñido.
La Mujer Hoguera, dije. Pero después nos parecería mejor La Venus en Llamas.
Práctica contemplativa, propuso Juan Carlos.
Cuando sintió que la observábamos, ella sonrió con turbación y agachó la cabeza. Juan Carlos y yo nos miramos como desconcertados por aquel sublime cuello desnudo, que con aquel movimiento parecía regalársenos. Salió luego del agua y fue hacia las dunas, despaciosa y cabizbaja, con el viento dibujando la gloria de las piernas en el pareo. Se metió entre dos médanos. La seguimos. Desde la primera altura la vimos atravesar las ondulaciones, sin prisa y sin mirar hacia atrás, apareciendo y desapareciendo tres o cuatro veces. Llegó a la avenida, pasó la vereda y se hundió en el tráfico intenso que la ocultó en seguida.
Eso ocurrió una mañana. A media tarde de ese día hallamos a Pocahontas.
Tomaba sol tendida de bruces en la arena, apoyada en sus codos, los ojos cerrados y el mentón sobre ambas manos. Una expresión de placer iluminaba sus bellísimos rasgos de india. Su trenza muy negra caía por entre un hombro y el cuello cobrizo -brillante, tirante como un pequeño animal a punto de dar un brinco- de modo que éste se ofrecía por completo a nuestra vista. Tenía el corpino desatado en la espalda; también podíamos admirar casi todo uno de sus pechos.
No estaba sola. Dos minutos fue cuanto nos permitió observarla su acompañante, un gringo musculoso que llegó a grandes pasos. Se agachó y habló a Pocahontas en una oreja. Nos miró con cara poco amistosa mientras ataba el bikini. Ella lo dejó hacer; sonreía sin separar las enormes pestañas. Luego abrió los ojos y nos regaló una rápida mirada divertida. Juan Carlos y yo nos marchamos, con la vista lejos. Cuando de regreso pasamos por el lugar Pocahontas y su gringo ya no estaban.
A la mañana siguiente hallamos a la Venus de Ébano y -un rato después- a la Cantante Calva.
La Venus de Ébano compraba un helado. Su negra esbeltez, inclinada sobre el carrito, ceñida por una malla enteriza y amarilla, acaparaba la atención pública en las inmediaciones. En una única conmoción vi su sonrisa radiante tras el helado que ella misma sacó del carrito, sus ojazos fortuitamente posados en mí, su maravilloso cuello expuesto bajo un rodete. Miró a Juan Carlos y volvió a mirarme sin menguar su alborozo. Después pagó y recibió el cambio, y se fue lamiendo el helado, todavía sonriente.
La Cantante Calva corría por la playa en short y corpino, gruesas medias, zapatillas. Llevaba unos pequeños audífonos en las orejas, unidos a un walkman sujeto a la cintura. Su cabeza completamente rapada brillaba al sol como una desvergüenza. Cantaba, con el ceño fruncido, muy concentrada en su canto, el que no pudimos escuchar porque ella pasó a varios metros de
nosotros. Nos miró y nos sonrió, más con la mirada verde o celeste que con el resto del semblante.
Y ya era demasiado. En veinticuatro horas, cuatro desconocidas hermosas y de cuellos desnudos nos habían sonreído. Algo muy extraño sucedía en el mundo. Esa noche, mientras nuestras mujeres miraban vidrieras, Juan Carlos y yo deliberamos sentados en una heladería. Fue cuando les pusimos los nombres definitivos a las cuatro muchachas.
No volvimos a dar con ninguna de las cuatro, pese a que las buscamos intensamente por la playa y otros lugares. Juan Carlos y Lita partieron de regreso tres días después, Dolly y yo nos quedamos una semana más.


No acepté hablar en representación de los amigos. Habló el Chino González, muy adobado con los whiskys que tomó demás en el velatorio. Y también hablaron: Ana Laura por los jóvenes pintores discípulos de Juan Carlos (cada día más linda, Ana Laura), la Señora Cuquita Nosécuántos por la Academia de Bellas Artes, el Vice Ministro de Cultura. El partido no se hizo representar
en los discursos. Vinieron los dinosaurios del partido, juntos como protegiéndose mutuamente, con sus patéticas caras de a mí el muro no se me cayó encima, pero a nadie se le ocurriría invitarlos a discursear. Fue largo, fue insoportable, fue ridículo.
Bajo la tienda blanca, las sillas que rodean la fosa ya cerrada van quedando vacías, ante la paciencia de los empleados del cementerio. Lita se levanta y se marcha entre Dolly y la hermana de Juan Carlos, las tres abrazadas. Al pasar frente a mí, Dolly me arroja una ojeada horadante. Todavía está enojada por lo sucedido con Ana Laura esta mañana, en el velatorio. Supongo que actué mal, pero Ana Laura me abrazó tanto, se pegó tanto a mí, llorando y temblando como una niña perdida en un bosque, repitiendo senosfuesenosfuesenosfue... Tenes un cuello precioso Ana Laura, le dije, en cuanto me soltó, acariciándole el cuello. Había que ver su perplejidad entre aquella gente solemne y silenciosa. Una preciosura. El Chino González viene y me abraza.
Chau poeta, me dice, a honrar la memoria del hermano. Puta que jiede. La falta de baño lo va a matar por ahogo, no su famosa cirrosis. Probablemente será nuestro próximo muerto ilustre. Ramiro Cifuentes, el marchand, pasa y me palmea la espalda. Se va ligero por el senderito, quiere alcanzar al Dr. Marino Zuviría que camina junto al cura, tal vez para venderle pronto un cuadro de Juan Carlos. El muy infame le compró a Juan Carlos como veinte obras a precio vil desde que se supo la enfermedad. Pasan Cecilia, Julián, la Colorada, Jorge, el Turco Vera, Marisabel con su hija adolescente, quién diría, Marisabel, volver a verte en los funerales de Juan Carlos, hecha una perfecta aristócrata y con una hija señorita, ¿recordaste demasiado los buenos tiempos al conocer la noticia?, ¿te dolieron demasiado las madrugadas de La Taberna, las noches clandestinas del ateliercito junto al rio, las borracheras de amor por la revolución y el arte y nosotros, nosotros enteros, Marisabel, nosotros luminosos insaciables de luz? Todo está muerto, y bien sepultado, como Juan Carlos. Seguro que ya no podes escribir un miserable poema. Chau querida, chau, y buen viaje de regreso, sí, cuando vaya a Montevideo te llamo. Chau. Vayan ustedes por delante. Nos juntamos en ese bar por ese trago.
Juan Carlos, chamigo.
Por fin se terminó todo.
Modigliani era un sabio. Tenías razón, esto nomás quería decirte.
Antes que vengan a buscarte las dos Venus, la Cantante Calva y Pocahontas, Con un séquito de multicolores, espectaculares muchachas Padaung. Escandalizando a la muerte por entre esas cruces, con sus ropas mínimas y sus cuellos al aire, con tanta vida y tanta belleza. Espantándola.


* No me resisto a poner aquí ciertas palabras que Al Pacino dice a Charlize Theron en "El abogado del diablo", película que vi meses después de haber escrito este texto. "Los hombros de una mujer son el frente de su mística. Y su cuello, si está viva, tiene el misterio de un pueblo fronterizo. Es una tierra de nadie en esa batalla entre la mente y el cuerpo ".

(De: Complicaciones intelectuales,2000)*

José Gabriel Ceballos (Argentina, Corrientes, Alvear, 1955)


Nota del Administrador:
El cuento está dedicado a un importante plástico correntino: Juan Carlos Soto. El artista, —santafesino de nacimiento, correntino por elección— nació en el año 1942 y falleció en el año 1995, tuvo una obra muy prolífera, fue dibujante, pintor y gran Muralista, uno de los pioneros de la técnica del esgrafiado en su Provincia. Creía en el trabajo en equipo, por ello estuvo permanentemente rodeado de escritores, músicos, pintores y trabajaba con ellos. En los años 60, estando en Buenos Aires, se vinculó con los grandes maestros de la pintura nacional —Spilimbergo, Carlos Alonso, Berni, Castagnino—. En sus óleos se valió de composiciones dinámicas de vibrante colorismo. La coherencia que su obra —en la que la realidad encontró albergue bajo la guía del compromiso social— exhibe a lo largo de los años permite aseverar que en ella construye una teología de la cotidianeidad correntina. Sus tintas —Soto se autodefinía como dibujante de pluma— lo hicieron acreedor de innumerables galardones. En los años 90 se erigió en principal integrante y referente del proyecto “Corrientes, ciudad de los murales” —experiencia urbana promovida por el grupo Arte Ahora— que transformó la fisonomía de la ciudad.

IMAGEN: Uno de los murales realizados en la capital correntina.



sábado, 25 de julio de 2009

EL SAPO

Un canto en una noche sin brisa...
La luna baña en metal claro
Los retazos del verde sombrío.

...Un canto; como un eco, tan vivo
Enterrado, allí, bajo el macizo...
—Se calla: ven, está aquí, en la sombra...

—¡Un sapo!— ¡Por qué este miedo,
junto a mí tu fiel soldado!
Míralo, poeta tonsurado, sin ala,
Ruiseñor del lodo... —¡Horror!—

... Canta. —¡Horror!— ¿Horror por qué?
No ves su ojo de luz...
No: se va, frío, bajo su piedra.
...................................
Buenas noches— ese sapo soy yo.

Esta noche, 20 de julio.


Tristán Corbière


Tristán Corbière (Francia,Ploujean, Bretaña, 1845-Morlaix, 1875)
(Traducción de Clara Janés
y J.M.Martín Triana,
Visor, 2003)

LE CRAPAUD

Un chant dans une nuit sans air...
La lune plaque en métal clair
Les découpures du vert sombre.

...Un chant ; comme un écho, tout vif
Enterré, là, sous le massif...
-Ca se tait : Viens, c'est là, dans l'ombre...

-Un crapaud!-Pourquoi cette peur,
Près de moi, ton soldat fidèle !
Vois-le, poète tondu, sans aile,
Rossignol de la boue...-Horreur !-

...Il chante.-Horreur !!-Horreur pourquoi ?
Vois-tu pas son oeil de lumière...
Non : il s'en va, froid, sous sa pierre.
.................................................................
Bonsoir-ce crapaud-là c'est moi.




DESCORAZONADO



Fue un verdadero poeta: no tenía canto alguno.

Muerto, amaba el día y desdeñaba gemir.
Pintor: amaba su arte —Se olvidaba de pintar...
Veía demasiado —Y el ver era una ceguera.

Sueño hueco: muy profundo descansa en su sueño;
Sin darle forma de globo que estalla,
Sin abrir al buen hombre y buscarse dentro.

—Héroe puro de novela: adoraba la morena,
Sin ver si era rubia... Adoraban la luna;
Pero nunca amaba —Pues tiempo no tenía.—

—Buscador infatigable: aquí donde se currela,
Miraba currar, desde lo alto del gran alma,
Cansado de piedad por los que curraban bien...

Minero del pensamiento: tocaba su frente pálida,
Para rascar un grano o rascar el problema
Que allí le taladraba —No hacer nada—.

—Decía: «¡Sí, la musa es estéril!, es hija
Del amor, del ocio, de la prostitución;
¡No la deforméis con vientre de familia
Que cubra un semental para la producción!

«¡Oh vosotros que amasáis, peones del pensamiento! Vosotros
cuyo capricho ha trocado en amantes,
—Vanidad, vanidad— la loca noche pasada,
¡Vosotros lo pregonáis a cargo de los redondos ojos de los patanes!

«Ella os desfloró, a vosotros, como gatos que uno ahoga,
Habéis colgado su ala o su red,
Contentos de tener en vuestra manos una pluma de oca,
O pelos que rascan, ¡en forma de brocha!»

—Decía: «¡Oh ingenuo Océano! ¡Oh florecillas,
No estamos aquí, sin pintores ni poetas...!
¡Qué vidriero ha pintado! ¡qué ciego ha cantado...!
¡Y qué vidriero canta, raspando su paleta,

«O qué ciego ha pintado con su clarinete!
—¿Es ese el arte...?
—Sólo le queda en la Sublime
Bestia
Ahogar su orgullo vacío y su virginidad.

Mediterráneo


Tristán Corbière (Francia,Ploujean, Bretaña, 1845-Morlaix, 1875)

(Traducción de Clara Janés
y J.M.Martín Triana)
Décourageux

Ce fut un vrai poète : il n'avait pas de chant.
ort, il aimait le jour et dédaigna de geindre.
Peintre : il aimait son art - Il oublia de peindre...
Il voyait trop - Et voir est un aveuglement.

- Songe-creux : bien profond il resta dans son rêve ;
Sans lui donner la forme en baudruche qui crève,
Sans ouvrir le bonhomme, et se chercher dedans.

- Pur héros de roman : il adorait la brune,
Sans voir s'elle était blonde... Il adorait la lune ;
ais il n'aima jamais - Il n'avait pas le temps. -

- Chercheur infatigable : Ici-bas où l'on rame,
Il regardait ramer, du haut de sa grande âme,
Fatigué de pitié pour ceux qui ramaient bien...

ineur de la pensée : il touchait son front blême,
Pour gratter un bouton ou gratter le problème
Qui travaillait là - Faire rien. -

- Il parlait : " Oui, la Muse est stérile ! elle est fille
D'amour, d'oisiveté, de prostitution ;
Ne la déformez pas en ventre de famille
Que couvre un étalon pour la production !

" O vous tous qui gâchez, maçons de la pensée !
Vous tous que son caprice a touchés en amants,
- Vanité, vanité - La folle nuit passée,
Vous l'affichez en charge aux yeux ronds des manant !

" Elle vous effleurait, vous, comme chats qu'on noie,
Vous avez accroché son aile ou son réseau,
Fiers d'avoir dans vos mains un bout de plume d'oie,
Ou des poils à gratter, en façon de pinceau ! "

- Il disait : " O naïf Océan ! O fleurettes,
Ne sommes-nous pas là, sans peintres, ni poètes !...
Quel vitrier a peint ! quel aveugle a chanté !...
Et quel vitrier chante en raclant sa palette,

" Ou quel aveugle a peint avec sa clarinette !
- Est-ce l'art ?... "
- Lui resta dans le Sublime Bête
Noyer son orgueil vide et sa virginité.


UNA CARROÑA


Alma mía, recuerda el objeto que vimos

esa hermosa mañana de verano:
al volver un sendero, una infame carroña
en un cauce sembrado de guijarros.

Levantadas las piernas, como un lúbrico gesto,
sudando ardorosa sus venenos,
entreabría de un modo indiferente y cínico
su vientre rebosante de vapores.

Vimos cómo aquel sol se ensañaba en la podre
como para dejarla bien cocida,
devolviendo con creces a la Naturaleza
todo cuanto ella misma había unido.

Contemplaban los cielos el soberbio esqueleto
como una flor a punto de brotar.
El hedor era tal que allí, sobre la hierba,
creíste desplomarte desmayada.

Sobre aquel vientre pútrido se afanaban las moscas
y salían negruzcos batallones
de unas larvas movibles como un líquido espeso
entre aquellos andrajos de la vida.

Todo aquello se hundía y se hinchaba encrespándose
con destellos de espuma en las olas,
como un cuerpo animado por un soplo indecible
cuya vida creciese en sí misma.

Y ese mundo engendraba una música extraña,
como el agua que corre y el viento,
como el grano agitado por la rítmica mano
al girar revolviéndose en la criba.

Se borraban las formas, no eran más que un ensueño,
un esbozo que tarda en perfilarse
en la tela olvidada, y que acaba el artista
reviviendo tan sólo su recuerdo.

Tras las rocas había una perra impaciente
que tenía en los ojos el furor,
acechando el momento de volver a roer
los manjares que tuvo que soltar.

—¡Y pensar que serás igual que esta carroña,
que te espera la misma podredumbre,
tú, la estrella y el sol de mis ojos, mi vida,
tú, ángel mío, a quien llamo mi pasión!

Así tienes que ser, soberana de encantos,
tras aquel sacramento que es el último,
cuando bajo la hierba y el mantillo del campo
enmohezca tu cuerpo entre los huesos.

Oh, beldad mía, entonces di a los crueles gusanos
que contigo tendrán festín de besos,
que conservo la forma y la esencia divina
de estos amores míos que son polvo.



Charles Baudelaire (Francia, París, 1821- 1867)


(Traducción de Carlos Pujol)

UNE CHAROGNE


Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux:
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,

Le ventre en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint;

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague
Ou s'élançait en pétillant
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un oeil fâché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.

- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion!

Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Apres les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons

grasses,
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés!