miércoles, 25 de mayo de 2016

EL ÚLTIMO VERANO


























Hacia el sol se tiende el esfuerzo del vegetal;
El combate prosigue y el calor aumenta;
La reverberación se vuelve cegadora;
Capas de aire superpuestas, de igual sopor
Se remueven con sorna.

Os juro que estaba en mi estado normal;
Las flores horadaban mis ojos con su brillo brutal
Fue un accidente.

Ahora veo de nuevo las circunstancias exactas.
Nos habíamos parado cerca de una catarata.
La suave piel de los prados se abrió, garganta enorme;
La reverberación se vuelve cegadora;
Aquí y allá había flores de dedalera;
Mi hermana y yo caminábamos sobre una alfombra nupcial.




Michel Houellebecq

(Traducción: Sandra Gudiño)


L’ÉTÉ DERNIER

Vers le Soleil se tend l’effort du végétal ;
Le combat se poursuit et la chaleur augmente ;
la réverbération devient éblouissante ;
Des couches empilées d’air, d’une torpeur égale,
Remuent sournoisement.

J’étais, je vous le jure, dans mon état normal ;
Les fleurs trouaient mes yeux de leur éclat brutal
C’était un accident.

Je revoie maintenant les circonstances exactes.
Nous étions arrêtés près d’une cataracte.
La souple peau des près s’ouvrit, gueule béante ;
La réverbération devint éblouissante ;
Il y avait çà et là des fleurs de digitale ;
Ma sœur et moi marchions sur un tapis nuptial.